Mardi 17 juin 2008 2 17 /06 /Juin /2008 08:43

SOMMAIRE

 

ß I. Oui à l’indépendance du pouvoir judiciaire en RDC. Mais avec quels opérateurs judiciaires?

 

ß II. La Presse Audiovisuelle au Katanga, ce « Quatrième Pouvoir », sur les traces de la tristement célèbre « Radio Télévision Libre des Milles Collines » ?

 

ß III. Le Mandat Politique ou Parlementaire, un cheque en blanc ?

 

ß IV. L’exercice du Contrôle Parlementaire: Confusions et Abus au Rendez-vous !

 

ß V. Le Contrôle des Recettes et Dépenses de la Province : Une Urgence pour le Katanga ?

 

ß VI. En Vrac : Brève analyse des quelques questions de l’heure

1.        Le premier grand chantier de la République, la femme et l’homme congolais

2.        Les violences au Stade de la Kenya : Vers une transportation des frustrations sociales, économiques et politiques dans un lieu sportif ?

 

ß ANNONCE : Parution de l’Ouvrage « Les Successions en Droit Congolais » 

 
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LIMINAIRES : LE CONTROLE CITOYEN  

Le Contrôle Citoyen est un moyen pour les citoyens, à travers l’engagement civique, d’exiger du gouvernement, du parlement, de la justice, des medias, des entreprises ou des  bailleurs de rendre compte. À travers la participation directe ou indirecte des citoyens et de la société civile, les approches du contrôle citoyen comme la budgétisation participative,  le suivi des dépenses ou le contrôle du service public par les citoyens, peuvent donner la voix aux citoyens d’exiger des institutions plus attentives à leurs besoins et des services plus appropriés. 

 

Le présent  Bulletin est produit par un groupe d’analystes qui s’intéressent au bon fonctionnement des institutions de la RDC et particulièrement de la province du Katanga. Ce bulletin entend informer et analyser les questions de l’heure et le fonctionnement de trois voire quatre pouvoirs au niveau national, provincial, des villes, des communes, territoires, districts et chefferie , etc.

Ce Bulletin se veut l’œil et la voix du peuple sur les questions épineuses d’intérêt commun et général. Il traitera donc de certaines questions en rapport avec le fonctionnement des institutions et pouvoirs formels et informels au niveau national et provincial. Il est apolitique et base ses publications sur une recherche fouinée et transparente. 

 

âEDITORIAL   “Il n’y a rien à faire si la haie elle-même se met à   brouter le riz en herbe.”
( Proverbe indien)

L'émergence de nouveaux acteurs et élus entraîne sûrement des changements dans le mode de fonctionnement des services techniques déconcentrés et des niveaux de concertation (provincial, territorial et local). Ce nouveau paysage institutionnel entraîne également des répercussions sur les méthodes et approches de plusieurs questions politiques et sociétales. En effet, il ne suffit plus d’avoir une loupe pour déceler que la démocratie et la décentralisation  tant voulues et leur cortège de nouvelles institutions à tous les niveaux commencent à peser lourd sur la gestion de la ‘res publica’. Bien d’efforts sont menés pour respecter les attributions et compétences de chaque institution, mais il se fait que les couacs deviennent notoires au regard des confusions et abus dans le chef des animateurs et/ou acteurs des institutions qui fondent l’instauration d’un Etat de Droit en RDC.

Une assistance de la part des analystes à travers ce bulletin est donc nécessaire à tous les acteurs pour que le processus de démocratie et  décentralisation trouve sa traduction dans des bonnes pratiques de gestion des affaires locales selon une démarche permettant l'implication du citoyen dans la vie publique locale. 

 

I. Oui à l’Indépendance du Pouvoir Judiciaire en RDC. Mais avec quels Opérateurs Judiciaires?


La sécurité juridique et judiciaire est la pierre angulaire de l’Etat de droit et d’une économie porteuse de perspectives réelles de croissance. Elle fait cruellement défaut aujourd’hui. L’instaurer est donc une priorité absolue. (Discours du Président Joseph Kabila)

L’accès à la justice est l’une des bases primordiales sur lesquelles repose une société démocratique. Aussi, le degré de civilisation d’un peuple se mesure à la qualité de sa justice. C’est fort de cela que les juristes affirment que  les palais de justice sont les hôpitaux du ‘droit malade’ . Cette formule bien connue de tout juriste moyen est aujourd’hui devenue vide de sens car, en réalité les palais de justice ne sont devenus que des ‘cimetières’ du droit, diront certains.

 

Si en RDC, nous disposons de textes acceptables, on ne peut cependant pas affirmer que l’administration de la justice soit exempte de toute critique. La première tient à la dépendance flagrante entre justice et pouvoir politique. C’est surtout écœurant de constater que certains opérateurs politiques, s’interposent ou empêchent l’exécution des décisions judiciaires en prenant de façon ouverte position pour l’une des parties au procès. Sur cette lancée, l’on peut déplorer les débats à l’Assemblée nationale lors de la plénière du 12 juin 2008 sur la question orale au Ministre des Affaires foncières. À ce sujet, nous avions suivi le Président de l’Assemblée  demander au Ministre de faire usage de l’article 93 de la Constitution qui stipule que le ministre est responsable de son département, pour interdire ou suspendre l’exécution des décisions de justice à caractère inique en rapport avec les spoliations et autres manœuvres d’acquisition de certains biens immeubles (maisons). Heureusement que ledit ministre a rétorqué qu’il ne pouvait pas suivre la proposition de l’Assemblée car il pécherait contre l’article 151 de la même Constitution qui interdit l’ingérence du pouvoir exécutif et législatif dans les affaires judiciaires.  


 
La seconde critique, et non des moindres, est la corruption. On assiste à un déséquilibre de la balance judiciaire, lorsque l’argent, le nerf de guerre, est mis en jeu. Ce mal absolu est à combattre à tout prix. La corruption de la justice est une grave insulte à l’intelligence collective ainsi qu’une démission de l’Etat face à ses prérogatives, au premier rang desquelles figure la nécessité impérieuse de garantir à tous, une justice équitable.

 

Relevons ici quelques pratiques qui corroborent cette assertion. En effet, certains avocats ont choisi de se mettre dans les réseaux avec les magistrats. Lorsque le  justiciable choisit un avocat qui ne sait pas « partager ses honoraires » avec des magistrats, on lui souffle gentiment que s'il veut  gagner son procès, il a tout intérêt à se séparer de son avocat ; on lui suggère un autre ou carrément un défenseur judiciaire, puisque bon marché.

Ce dernier qui fait partie du réseau prend le dossier, récupère l'argent auprès de son client et va « rendre compte » au magistrat. Le procès est ainsi gagné.

Les justiciables, surtout les commerçants ou opérateurs miniers sont convaincus que pour gagner un procès, il faut sortir de l'argent. Il est presque devenu normal pour bien des clients de poser la question à leurs avocats : « combien allons-nous donner au juge  ? ». C'est le cas souvent dans les « dossiers à gros sous », encore appelés « gros dossiers ». Qu'est-ce qui reste du droit dans ces conditions ? Pas grand-chose, pourrait lâcher impuissant un observateur. Parfois, le droit triomphe mais souvent l'argent et les relations l'emportent. Les protagonistes tirent bien des profits de cette situation : Villas, terrains, voitures et argent. Aussi, le manque de moralité oblige certains magistrats à se comporter en marge de la loi dans l’exercice de leurs fonctions. Pour faits civils, par exemple, certains individus sont arrêtés, détenus voire rançonnés.

 Le magistrat intègre, il en existe, peut vivre une profonde frustration en face de ses collègues qui ont un train de vie largement au-dessus de leurs revenus ou de  certains avocats qui font un étalage arrogant de richesses et avec qui il  doit cohabiter tous les jours.

 

La religion de bien des citoyens est faite : Ils n'ont pas confiance en la justice, à peine le quart des conflits sont soumis à la justice. Dans l'esprit de la population, si les délinquants (bandits, voleurs, escrocs, violeurs, etc) arrêtés et remis à la justice sortent quelques jours plus tard, c'est parce qu'ils remettent de l'argent au personnel judiciaire. Aussi, bon nombre de personnes accusées ou traduites en justice, en raison de leur position financière, leur rang social ou alors leur influence politique, ne sont nullement inquiétées par la justice, et cela décourage malencontreusement les victimes qui ne se confient plus à la justice.  Cela paralyse pourtant l’accès effectif à la justice, car les victimes potentielles en des circonstances similaires se découragent bien évidemment ; car la justice devient à deux vitesses ; étant donné que d’autres auteurs placés dans les mêmes circonstances, mais sans influence politique, sans position financière ni rang social quelconque, seraient poursuivis et subiraient la rigueur même de la loi.

 

Bien des citoyens ont tiré la conclusion qu'il faut se faire directement justice. Autre conséquence de la corruption au sein de l'appareil judiciaire : l'insécurité pour les investisseurs étrangers qui redoutent qu'en cas de litige, leurs adversaires n'achètent les juges pour obtenir des décisions à leur détriment. 

 
De tout ce qui précède, notons que bien que la justice ne cesse de faire la une de l’actualité, nous ne devons pas nous voiler la face, l’institution judiciaire et son environnement immédiat restent marqués par l’immobilisme, le manque de moyens, l’absence de politique ambitieuse. L’immobilisme prend plusieurs facettes, qu’il s’agisse du nombre des magistrats qui stagne malgré des dossiers de plus en plus nombreux ; qu’il s’agisse de l’aide judiciaire, notoirement insuffisante. Comme dans d’autres domaines pourtant essentiels de l’action étatique — on peut penser ici aux universités — la Justice comme institution se trouve à la fois confrontée à une pénurie persistante, à une demande sociale croissante et parfois contradictoire (par exemple sur la question de la rapidité du traitement du contentieux), etc . Il sied donc de la reformer et de la doter des moyens suffisants.

 

Aujourd’hui, un Etat de Droit est une société démocratique où la justice constitue un pilier majeur du développement, car cette justice, lorsqu’elle est bien rendue, est une condition inéluctable de la paix et du développement. Vertu sublime des institutions sociales de la république, la justice est un instrument qui assure la protection des droits et libertés fondamentaux des citoyens. Ainsi, ceux qui animent cette justice doivent se départir des inégalités malencontreuses dans cette protection des droits et libertés fondamentaux. C’est en fait ce qui peut même susciter une certaine confiance de la part des justiciables qui accourent à la justice.

Les magistrats sont donc appelés à faire preuve d’indépendance (l’indépendance de la justice, n’est pas une licence à l’arbitraire), vu la noblesse de la mission qui leur est confiée ; grâce à cette mission, en effet, ils contribueront à l’établissement de la paix et de la tranquillité sociales. Ainsi, l’on ne pourrait pas hésiter un seul instant qu’ils (les opérateurs judiciaires) soient effectivement indépendants.

 

II. La Presse Audiovisuelle au Katanga, ce « Quatrième Pouvoir », sur les traces de la tristement célèbre « Radio Télévision Libre des Milles Collines » ?


Loin de nous l’idée de faire un procès d’intention contre la presse car nous reconnaissons que la libre circulation de l’information est la source même de la démocratie. Sans liberté de presse, le développement démocratique est impensable.

En effet, comme l’avait bien démontré Montesquieu au XVIIIe siècle, il n’est pas de démocratie sans stricte séparation des pouvoirs. Nous l'avons tous appris sur les bancs de nos écoles respectives - même si elles sont considérées par certains comme des lieux dans lesquels vivent les bêtes (sic)-, ce sont l'exécutif, le législatif et le judiciaire. Mais, ces trois pouvoirs traditionnels peuvent faillir, se méprendre et commettre des erreurs. Contre les abus de ces pouvoirs, le monde moderne a vu naître un « quatrième pouvoir » : la presse et les médias qui sont, dans le cadre démocratique, un recours des citoyens.  Dans un tel contexte démocratique, les journalistes et les médias ont donc un devoir majeur de dénoncer les violations des droits et les égarements des pouvoirs exécutif, législatif et judiciaire. C’est dans cette logique que l’on parle du « quatrième pouvoir ». Ce « quatrième pouvoir » est en définitive, grâce au sens civique des médias et au courage de journalistes audacieux, celui dont doivent disposer les citoyens pour critiquer, repousser, contrecarrer – démocratiquement- des décisions  et positions illégales pouvant être iniques, injustes, et même criminelles, contre les intérêts de la population (comme c’est le cas dans la fameuse affaire de la Route Kolwezi-Solwezi). C’est, on l’a souvent dit, la Voix des Sans-Voix.

 

Nous ne doutons pas que Montesquieu aurait aussi souhaité que ce « quatrième pouvoir » soit tout autant séparé des trois autres. Malheureusement, il semble que ce nouveau pouvoir arrive à flirter avec les autres pouvoirs et décevoir le peuple. Ainsi, depuis un certain temps, à mesure que le goût du lucre et des petits avantages socio-politiques ont fait leur apparition dans ce domaine, ce «  quatrième pouvoir » se vide à une vitesse vertigineuse de son sens ; il perd peu à peu sa fonction essentielle de contre-pouvoir. Cette choquante évidence s’impose à nous  en scrutant attentivement la vie de nos medias en RDC et au Katanga singulièrement. Il sied, pour ce faire, relever quelques faits intrigants qui ternissent l’image du monde audiovisuel du Katanga.

 

- Nous avons tous suivi lors d’un différend politique entre  membres d’un même regroupement politique  opposant un Ministre national à un Ministre provincial, des jeunes mieux connus dans le milieu sportif du Katanga pour leur prouesse en matière d’ « animation » lors des manifestations sportives et politiques, passés en direct sur une chaîne privée de la radiotélévision de Lubumbashi, égorgeant une poule/un coq en guise de démonstration  de ce qu’ils pouvaient entreprendre sur une personne physique et proférant des menaces à l’endroit dudit Ministre. Cette scène macabre fut retransmise plusieurs fois sur cette chaîne, sans aucune condamnation ou censure ;   

 

- Aussi, il y a quelques semaines une personne s’identifiant comme un homme de Dieu – un pasteur- a péché contre la recommandation divine de toujours placer l’église au milieu du village. C’est-à-dire de ne rechercher que la paix et la conciliation et l’amour entre les peuples.  En effet, ledit pasteur qui semble-t-il aurait tourné casaque après sa brouille avec une autorité de la place, a en date du 24 mai 2008 au cours d’une conférence de presse dite “spéciale” diffusée en entièreté par trois chaînes de Lubumbashi (une officielle et deux privées) débité une série d’accusations et des diatribes qui sont susceptibles d’inciter à la haine. (Lire communiqué de Journaliste en Danger –JED- du 26 mai 2008) ;

 

- Bien plus, à la suite du contentieux de la Route Kolwezi –Solwezi et depuis le fameux dossier de la future province du Lualaba, l’on voit défiler tour à tour des personnes et associations politiques et/ou socio-culturelles sur les plateaux des télévisions et radios avec des discours séparatistes, tintés d’incitation à la haine et de division entre les peuples. Cela, une fois de plus, dans l’impunité la plus totale comme si quelque part quelqu’un encourageait cette situation ou en tirerait profit ; Etc.

 

Comment, dans ces conditions, avoir la certitude que tous les médias du Katanga conserveront la part d'objectivité nécessaire, au-delà de leurs convictions ? Comment être certain qu'ils pourront nous transmettre toutes les informations dont ils auront connaissance ? Comment être sûr que la plupart d'entre eux ne se transforment pas en simples portes-paroles du gouvernement provincial, du parlement provincial ou des « politicaillons » véreux, sans plus aucun recul et esprit de critique et d'analyse ?

La question mérite d'être posée. Notre doute est légitime. Comment nous rassurer ? C'est à nous, citoyens, d'être vigilants.

 

Ainsi, il sied pour notre part de tirer la sonnette d’alarme afin d’éviter de tomber dans la situation similaire à celle de la tristement célèbre Radio Télévision Libre des Milles Collines (RTLM) du Rwanda qui fut au début de son activité, une radio populaire, surtout parmi les jeunes. Ce n'est qu'après le début des tueries que des incitations nettes au génocide se firent entendre. La Radio des Milles Collines rappela à la communauté internationale le danger de répandre des messages de haine dans les médias et les dommages qui s'ensuivent.

 

Chacun de nous à son niveau doit  avoir présente à l’esprit, la leçon tirée du Rwanda que les médias peuvent être des vecteurs de guerre et que, bien souvent, la guerre médiatique précède la « vraie guerre ». En distillant des messages de haine et en se faisant les apôtres de la violence, certains médias ont directement contribué à précipiter des sociétés dans d’incommensurables drames humains.


En RDC et particulièrement au Katanga, il est utile de déceler le rôle néfaste que peuvent jouer certains médias dans des situations de crises dès lors qu'ils sont utilisés à des fins partisanes par les jusqu'au-boutistes de tous poils.

 

 III. Le Mandat Politique ou Parlementaire, un Cheque en Blanc ?

Chacun pour soi, Dieu pour tous dit-on !  Pouvons-nous sans avoir froid aux yeux affirmer au vu de l’état des relations entre les électeurs et les élus, qu’après les élections en RDC, chacun pour soi ?  C’est ce qu’il faut démontrer.

Il est certes vrai que le peuple par le vote, délègue directement ou indirectement son mandat aux élus (parlementaires et autres opérateurs politiques). Mais ce qui n’est pas vrai c’est le fait pour le mandataire d’oublier de consulter le mandant – le peuple- pour les directives, les priorités, les intérêts, etc. Des arguments tels que  « Nous sommes des élus et par conséquent, nous avons le mandat du peuple de prendre n’importe quelle décision », sont erronés et biaisés. Le peuple reste le seul et unique propriétaire de ses intérêts et il sied pour ses mandataires de le consulter régulièrement. 

Cela étant dit, nous sommes en train de vivre en RDC et particulièrement au Katanga, une sorte de clivage entre les élus et leurs électeurs. En effet, il est devenu presque normal de considérer qu’après les élections, les élus ayant été choisis par les citoyens qui leur ont, de ce fait, reconnu des compétences et accordé leur confiance, ne doivent plus s’immiscer dans la gestion quotidienne des affaires locale, régionale ou nationale. Les élus se comportent comme si le peuple ne doit attendre que les prochaines élections pour évaluer, pour juger leur action et décider ou non de renouveler leur mandat. À cette allure, l’on croirait que le seul pouvoir reconnu aux citoyens est celui de choisir ses représentants. Tout le reste du temps, ils sont  et doivent être hors-jeu.

Pareille conception du mandat politique et/ou parlementaire est suicidaire et c’est la caractéristique de la crise de gouvernance au niveau local. Un changement de méthode s’impose donc.

Ainsi, tout mandat implique ipso facto, une responsabilité de laquelle découle logiquement un devoir de rendre compte. Ce devoir s’impose donc à tout individu et à toutes Institutions qui exercent des fonctions ou des missions particulières au nom de l’intérêt général. [ Tout au long du mandat, soit parce que des circonstances particulières l’exigent et les mandataires sont interpellés  (demande des mandants, mise en cause de la responsabilité des mandataires, accomplissement d’une mission etc.), soit parce que la périodicité fixée est échue.]

Dans le même temps, il est essentiel que le mandat public s’exerce dans des conditions de transparence telles que chaque acteur, sans entraves et à chaque moment, puisse être informé sur l’action publique et vérifier sa conformité à la délibération collective et aux règles du jeu. C’est le contrôle citoyen dont la finalité n’est certainement pas l’inquisition. Il s’inscrit plutôt dans cette réalité que toute personne qui a du pouvoir est portée à en abuser. Il va jusqu’à ce qu’il trouve des limites. Par la force des choses, il faut que le pouvoir arrête le pouvoir. Cette fois, c’est le pouvoir du peuple ou le Contrôle Citoyen : le devoir de rendre compte des mandataires et le pouvoir reconnu au citoyen de contrôler et d’interpeller ses mandataires.

Le « rendre compte » et le contrôle citoyen participent incontestablement de cette quête permanente qu’imposent la conscience individuelle et la volonté collective de consacrer plusieurs pouvoirs qui s’équilibrent mutuellement par le jeu des contre-pouvoirs afin que l’action publique demeure résolument tournée vers la satisfaction exclusive et totale de l’intérêt général.

( Lire la suite au post suivant)

Par OBSERVATOIRE CITOYEN DE LA RDC
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Mardi 17 juin 2008 2 17 /06 /Juin /2008 08:22

IV. L’Exercice du Contrôle Parlementaire en RDC : Confusions et Abus au Rendez-vous !

Aux termes de l’article 197 de la Constitution de la RDC, l’Assemblée provinciale délibère dans le domaine des compétences réservées à la province et contrôle le Gouvernement provincial ainsi que les services publics provinciaux et locaux.

Nous conviendrons tous que quoique ledit article soit clair, sa mise en pratique demeure problématique dans les provinces et voire au niveau national. Pour nous en convaincre, il sied de mettre en relief quelques cas qui vont en marge des prescrits constitutionnels et pouvant friser la confusion et abus.

En effet, il est devenu presque normal de voir les « élus » et/ou les « appelés » du peuple  se bousculer ou démarcher pour faire partie de l’équipe qui effectuera le « contrôle parlementaire » dans les entreprises et sociétés  qui ne sont pas des services publics  provinciaux et locaux. Un cas patent est celui qui défraye la chronique ce jour en rapport avec la séquestration en date du 05 juin 2008 d’un député provincial de Kinshasa et d’un député national venu à sa rescousse. Le premier semble-t-il, s’était rendu sur un site afin de se rendre compte si les allégations de pollution étaient véridiques.

Cette descente sur le terrain a été mal perçue par les maîtres du lieu qui appelleront des inspecteurs judiciaires au motif que leur domicile était violé.  Bien que nous condamnons cette séquestration une fois prouvée- de ces honorables députés- mais nous sommes aussi en droit de nous poser quelques questions. Y avait-il violation de domicile par ce député provincial ? Agissait-il en conformité avec son mandat de député ? N’aurait-il pas outrepassé le contenu de son mandat en usant de son pouvoir de contrôle dans une entreprise ou société  privée qui n’est pas un service public provincial ou local ? Voilà autant de questions dont tout citoyen peut se poser en rapport avec le fameux pouvoir de contrôle qu’ont les députés !

La province du Katanga n’est pas en reste. En effet, un cas parmi tant d’autres est celui d’une lettre adressée au mois de mai 2008 à l’Assemblée provinciale par un responsable de société qui l’accusait d’avoir violé l’article 197 de la Constitution en contrôlant les entreprises privées. Réagissant à cette accusation, lors d’une plénière tenue dans la semaine du 11 au 17 mai (sans préjudice de date certaine), l’Assemblée provinciale du Katanga réfuta d’avoir contrôlé les entreprises privées.  Elle fera du moins l’usage du verbe « s’enquérir » et non « contrôler ». Mais pour notre part, nous estimons que  d’aucuns diront qu’elle avait violé la Constitution et abuser de son pouvoir. Cela est d’autant vrai car le Dictionnaire HACHETTE Encyclopédique Illustré de 2008 définit « enquérir »  comme un verbe à la forme pronominale « s’enquérir » qui signifie chercher, rechercher, demander, enquêter, examiner, interroger, interviewer, questionner, s’informer, s’inquiéter, s’instruire, se renseigner. Il renchérit en disant que « s’enquérir  de quelque chose », c’est chercher à savoir quelque chose, à obtenir un renseignement sur quelque chose qui intéresse, en examinant, en interrogeant. Mais pour quelle fin, un observateur demanderait-il ?  Bien plus, l’Assemblée provinciale du Katanga dans cette affaire cherchait à s’enquérir de la situation des conditions de travail des salariés dans cette entreprise privée. Mais, de plus en plus, nous voyons les membres du gouvernement provincial du Katanga défiler dans les entreprises et sociétés minières pour les mêmes fins.  

Le peuple se pose en définitive la question de savoir des deux institutions politiques de la province, laquelle est la mieux habilitée à faire ces visites, ces enquêtes, ces contrôles, etc.? Si l’on ne fixe pas qui fait quoi et qui doit faire quoi, les abus continueront et l’on n’aura pas froid aux yeux de qualifier cela de tracasseries !

Bien plus, toujours au Katanga, l’on a même appris des députés qui s’étaient présentés dans les des sociétés privées et/ou Etablissements  publics de la place ont été rabroués  sur simple coup de fil des responsables de ces sociétés aux membres du Bureau du Parlement provincial. Par ailleurs, c’est aussi le moment de condamner le non respect de la parole donnée quant aux promesses de la plénière d’inviter le Gouvernement provincial ou les Ministres provinciaux des Mines et de l’interieur donnant ainsi l’impression de prendre parti pour le Gouvernement provincial. 

Comme si cela ne suffisait pas, la situation est la même au niveau national. L’on se souviendra, il y a environ deux mois passés, avoir suivi avec pompe le président de l'Assemblée Nationale - affirmant que cela s'inscrivait dans le cadre du contrôle parlementaire - ordonner le déguerpissement, endéans deux semaines, des occupants du terrain situé à quelques mètres du Stade des Martyrs et réservé semble-t-il à la construction du Palais des Sports. Non pas que cela est en violation du contenu du contrôle parlementaire mais aussi cela frise un abus de pouvoir et d’autorité. Le déguerpissement n’est pas de la compétence du pouvoir législatif – encore moins du président de l’Assemblée-  mais du pouvoir judiciaire qui est indépendant des autres pouvoirs.

Fort de ce qui précède, il sied pour notre part de donner le contour d’un vrai contrôle parlementaire. En effet, en tant qu’instance représentant le peuple, le Parlement national ou provincial est appelé à veiller à ce que l’application des politiques publiques reflète les besoins du peuple et y réponde. Le Parlement est aussi appelé à faire en sorte que les politiques arrêtées soient correctement mises en œuvre pour les citoyens auxquels elles sont destinées. C’est le rôle du contrôle parlementaire. Le contrôle parlementaire est en outre crucial pour endiguer tout excès de la part du Gouvernement national ou provincial. Aussi, dans le cadre de service public, le secteur de la sécurité, par exemple, ne doit plus être, pour le Parlement, un domaine tabou.

Le contrôle parlementaire peut donc être défini en  pratique comme  l’analyse, le suivi et le contrôle de l’action du Gouvernement et des services publics, y compris la mise en œuvre des politiques et de la législation. D’après cette définition, les fonctions essentielles du contrôle parlementaire peuvent être décrites comme suit :

-    Détecter et prévenir les abus, les comportements arbitraires ou les conduites illégales et inconstitutionnelles du Gouvernement et des services publics. La protection des droits et libertés des citoyens est au centre de cette fonction ;

-    Exiger du Gouvernement qu’il rende des comptes sur la manière dont l’argent des contribuables est utilisé .

-    Faire en sorte que les politiques annoncées par le Gouvernement et validées par le Parlement soient effectivement mises en œuvre. Cette fonction inclut le suivi de la réalisation des objectifs fixés par la législation et les programmes du gouvernement;

-     Accroître la transparence des activités du Gouvernement et renforcer la confiance des citoyens envers celui-ci, condition préalable à la mise en œuvre effective des politiques.

En somme, le contrôle de l'administration par le Parlement, parce que celui-ci est le réceptacle naturel des préoccupations des citoyens, représente plus qu'une exigence pour les parlementaires: un devoir. La gouvernance, tant au plan national que dans le processus décisionnel provincial, ne peut que bénéficier de la prééminence et de la portée toujours plus grandes du contrôle parlementaire. Mais disons aussi qu’en matière de contrôle, le Parlement a aussi une obligation de résultat. Pas de dénonciation sans proposition, pas de proposition sans analyse des suites données à ses propositions. Pas d’interpellation, de questions orales ou écrites sans recommandations ni résolutions. Telle est la pratique souhaitable d'un contrôle parlementaire désormais astreint à un devoir de performance.

 V. Le Contrôle des Recettes et Dépenses de la Province : Une Urgence pour le Katanga ?


Comme dit supra, le parlement provincial dans sa mission de contrôle parlementaire, doit exiger du Gouvernement provincial ou mieux de la province qu’il rende des comptes sur la manière dont l’argent des contribuables et d’autres ressources engendrées est utilisé. Grâce au contrôle parlementaire, on détecte le gaspillage au sein des rouages de l’Administration et des services publics. On peut donc améliorer la gestion et l’efficacité des activités, accroître la transparence des activités du Gouvernement et renforcer la confiance des citoyens envers celui-ci. Malheureusement, les représentants du peuple et détenteurs du pouvoir de contrôle sont préoccupés par autre chose (d’intérêt particulier) au détriment de l’intérêt général ou simplement comme nous l’avions relevé dans la lettre ouverte adressée aux deux institutions politiques provinciales du Katanga en date du 29 avril 2008 , ils ne sont qu’une sorte de caisse de résonance de l’exécutif provincial. (Lire la lettre ouverte :

http://observatoire.rdc.over-blog.com)

 

En effet, la population du Katanga est presque habituée aux déclarations telles que  « la province est surendettée », «  la province sera dirigée comme une entreprise »,  « la rétrocession de 40% n’est pas effective », etc. Aussi, elle assiste passivement à une médiatisation à outrance des dons sans qu’elle ne sache dans quel compte ces dons émargent et /ou seront  imputés. Compte de la province  ou personnel /privé ? 
Bien plus, quel est le rôle que joue le fisc (Direction des Impôts) au vu de cette pratique des dons en espèces - en monnaie sonnante et trébuchante- ? D’où proviennent ces sommes colossales en espèces alors que la province pourrait faire d’une pierre deux coups en faisant usage des banques pour ces transactions /opérations ? Bien plus, nous avons tous suivis lors de la récente visite au Katanga, du Ministre national en charge de Budget, relever contre toute attente que la Province du Katanga recevait déjà 35% des recettes et il en resterait que 5% à percevoir (sic). Cette annonce ou révélation a fait frissonner plus d’un observateur. Car, du Parlement provincial au Gouvernement provincial, la chanson est la même : nous ne recevons qu’environ 5% et attendons recevoir plus que cela- soit 40%- pour réaliser le développement, la reconstruction tout azimut de la province et l’amélioration de la situation sociale des habitants du Katanga.   Qui dit mieux ? De ces deux sons de cloche contradictoires, tout observateur averti est en droit de demander la clarification de la part des opérateurs politiques de la province afin que ce nuage soit dissipé !

Aussi, la population a suivi tout récemment  le malaise qui a plané dans l’hémicycle du bâtiment du 30 juin, siège de l’Assemblée provinciale du Katanga, quand le Ministre provincial des Finances et Budget répondait au nom du Gouvernement provincial à  la question orale autour de la gestion financière de certains dossiers au niveau de la province –tel le cas de Kashobwe-. 

 

Dans cet imbroglio, que dire de la gestion de l’argent qui sera issu de l’opération de financement du développement des districts du Katanga récemment initiée  par le gouvernement provincial ? En effet, sur initiative du Gouverneur, quatre (4) comptes bancaires viennent d’être ouverts par le gouvernement provincial du Katanga à l’attention des ressortissants des quatre districts de ladite province. Cette action poursuit semble-t-il comme objectif de permettre à tous les Katangais vivant au pays et à l’étranger d’apporter leurs contributions financières à la reconstruction de leurs districts respectifs d’une part, et d’autre part, à l’exécution des cinq chantiers de la République. En guise d’incitation, un import de 400.000 Usd fut déboursé, à raison de 50.000 Usd au bénéfice du compte de chaque district du Katanga. Sans prendre position sur le bien fondé ou non de ladite opération - que les citoyens qualifieraient de « Sangisa Sangisa » -, l’inquiétude semble planer sur la gestion desdits comptes ou mieux de l’argent qui sera issu de ladite opération. Qui vont gérer ces fonds ? Quel en sera l’organe de contrôle ? Qui déterminera la priorité en cas d’exécution des chantiers ?

 


Quid si une personne physique ou morale finance pour la réhabilitation de la route Kolwezi-Solwezi ?

Voilà des questions qui demandent d’être adressées et qui nécessitent l’instauration d’un organe efficient de contrôle et d’audit à l’instar de la Cour des Comptes instituée en vertu des articles 178, 179 et 180 de la Constitution de la RDC. Cette cour, en vertu de l’article 180, contrôle, dans les conditions fixées par la loi, la gestion des finances de l’Etat, des biens publics ainsi que les comptes des provinces, des entités territoriales décentralisées ainsi que des organismes publics.  Nous souhaitons que cette Cour soit démembrée afin d’avoir des cours des comptes régionales/provinciales et dotées des moyens (financiers, humains, techniques) afin de suivre la gestion des ressources au niveau provincial. À défaut, un audit doit être institué régulièrement afin  de réaliser les prescrits de la bonne gouvernance gage de tout développement durable.

V. En Vrac : Brève analyse des quelques questions de l’heure


5.1. Le premier grand chantier de la République, la femme et l’homme congolais

 

À l’heure ou les cinq chantiers de la République commencent à prendre corps, l’on ne peut s’empêcher de réfléchir sur la place de la personne humaine dans lesdits chantiers.

 

Pour réussir les cinq chantiers de la République –certains diront même « cinq plus », « 5 + », il sied d’investir dans la femme et l’homme congolais, les acteurs de développement.  S’ils ne sont pas embarqués dans le bateau de la reconstruction et du développement, il n’y aura point de salut. Pour s’en convaincre, il sied de poser la question à la SNEL, Regideso et la Gecamines , pour ne citer que ces sociétés. C’est toujours l’Homme (femme et homme)- à tous les niveaux- qui vole, qui pille, qui détruit, qui déplace, qui manigance, qui corrompt, etc.

Même avec des milliers des dollars qui pourront résulter de l’opération qualifiée à tort ou à raison de « sangisa - sangisa » initiée au Katanga pour contribuer à la reconstruction des quatre districts ne pourra produire un développement durable, si l’Homme n’est pas au centre et que la politique de diviser pour régner continue son bonhomme de chemin avec des questions telles que l’affaire de la route Solwezi-Kolwezi, l’affaire de la future province du Lualaba, etc. 

 

Prenons donc conscience de mettre l’Homme au centre de tout projet en l’accompagnant afin qu’il vive en toute dignité et en toute liberté : Voilà le chantier des chantiers.


5.2 Les violences au Stade de la Kenya : Vers une transportation des frustrations sociales, économiques et politiques dans un stade de football ? Terrain de violence ou terrain de football ? 

 

La sagesse africaine enseigne que lorsque deux personnes se disputent une orange, la meilleure solution est de la partager en deux parties égales. Cette solution a l’avantage d’apaiser les esprits des protagonistes et est un mode de résolution pacifique des différends.  Malheureusement en sport, il semble que cette solution n’est pas la bienvenue au vu des actes de violences perpétrés à Lubumbashi dans la province du Katanga lors de deux matches de football.

En effet, dans toute impunité, nous avons assisté  et/ou suivi après un score vierge lors des Matches de football de la Ligue Nationale de Football qui ont opposé premièrement -il y a plus d’un mois- l’équipe du TP Mazembe contre celle de  Saint Eloi Lupopo avec son cortège d’actes de viols, violences, pillages, destructions méchantes, etc.  et le tout récent qui a opposé le Saint Eloi Lupopo à Maniema Union qui a engendré nuitamment des actes répréhensibles tels que pillage de  certains bureaux, vol des ordinateurs, imprimantes et argent, enlèvement de certains portails et endommagement de la pelouse.

 

De cette situation déplorable, l’on pourrait se poser la question de savoir le pourquoi de tous ces actes après les scores vierges (matches nuls) ? Pourquoi les autres scores (gagner ou perdre) n’occasionnent pas de tels actes et tensions ? N’y aurait-il pas une autre raison ou une motivation derrière ces agissements ? Quel est cet arbre qui cache la forêt ? Voilà des questions qui nécessitent  des réponses à qui de droit !

 

Quelqu’un ne s’empêcherait pas de penser en une sorte de transportation des frustrations sociales, économiques et politiques sur un terrain de football. Car, semble-t-il c’est l’unique lieu qui reste encore accessible aux citoyens « non engagés ou sans tendance »  pour exprimer quelque peu librement leurs opinions et mécontentements sans risquer d’être  indexés comme ennemis de X ou de Y ! Un autre observateur rétorquerait en disant que même le terrain de football voire le milieu sportif est devenu un espace tout aussi politisé et c’est ce qui justifierait ces agissements. Prenons donc garde en ne politisant pas notre sport !


 

ANNONCE :

 

PARUTION D’UN NOUVEL OUVRAGE

 

&

« LES SUCCESSIONS EN DROIT CONGOLAIS »

 

Cet ouvrage qualifié d’alias « cette maison n’est pas à vendre » vient de passer sous les fonds baptismaux le 28 mai 2008. Il comporte 247 pages, paru aux éditions New Voices Publishing à Cape Town, Afrique du Sud. L’auteur du présent ouvrage, Docteur Maître YAV KATSHUNG JOSEPH, est initiateur Responsable du présent Bulletin « Le Contrôle Citoyen ».

 

En effet, les successions font couler encre, salive voire le sang et intéressent tout le monde soit directement ou indirectement. Cet ouvrage donne donc suite aux préoccupations exprimées sur la place publique, soit au prétoire, soit dans les auditoires, soit dans les médias, soit par le biais de groupes et de particuliers intéressés, concernant l’application du droit des successions tel qu’organisé par le code de la famille et précisément en matière des droits successoraux des enfants. Il intéresse donc tout le monde « initié » et « non-initié ».

 

œ Il peut être acheté en ligne en consultant le lien suivant : www.joseyav.vpweb.com

 

œ Aussi, il est disponible en RDC et à Lubumbashi aux adresses suivantes:

-          Bureau Chaire UNESCO des Droits de l’Homme/UNILU (4eme Niveau Building UNILU)

-          Faculté de Droit / Université de Lubumbashi

-          Maison du Barreau de Lubumbashi

-          Bibliothèque Medias Paul (Route Kasapa)

-          Bibliothèque Loyola

-          Park Hôtel

 

œ Faites aussi vos commandes par téléphone au numéros suivants :  +243997124483     et     +243814080939

 

œ Prix de l’ouvrage en RDC : USD 35

 

                          Bonne lecture

 

 

Par OBSERVATOIRE CITOYEN DE LA RDC
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Lundi 2 juin 2008 1 02 /06 /Juin /2008 10:27

L'Observatoire Congolais pour  le Contrôle Citoyen  ou l'Observatoire Citoyen de la RDC a participé à la conférence de ANSA-Africa du 19 au 20 mai 2008 à Addis Abéba en Ethiopie. Ainsi, désormais, il fait partie dudit réseau.


ANSA-Africa est un réseau, créé conjointement par la Banque Mondiale et le Conseil de Recherche en Sciences Humaines (Human Sciences Research Council - HSRC) d'Afrique du Sud et destiné à devenir un avocat reconnu de la participation citoyenne dans les initiatives de gouvernance adressé à la demande communautaire. Les objectifs du réseau sont:

  1. Développer les collaborations transfrontalières en matière de responsabilisation social et des initiatives de gouvernance adressée à la demande communautaire
  2. Fournir assistance technique aux différents pays pour que la qualité des initiatives de responsabilisation sociale soit notablement augmentée ; fournir des programmes de formation sur des outils et des techniques spécifiques;
  3. Partager, au niveau régional et global, les expériences faites par les pays dans les domaines de la responsabilisation sociale et des initiatives de gouvernance adressée à la demande communautaire.

ANSA-Africa liera la société civile africaine et les groupes communautaires au travers du continent afin de former des partenariats destinés à soutenir et à mettre en œuvre les initiatives. Les partenaires de leur côté forgeront leurs propres associations locales et régionales pour la mise en œuvre des initiatives et le développement de cellules de connaissance.

Au travers du réseau, ANSA-Africa travaillera à trois principaux niveaux:

  • Soutenir des programmes et des initiatives de responsabilisation sociale en fournissant assistance technique et financière renforcée pour la conception, la mise en œuvre et l'évaluation d'initiatives de responsabilisation sociale de qualité. Au travers de collaborations, le réseau dissémine des outils efficaces et favorise l'incubation de nouvelles approches innovatrices.
  • Promouvoir le développement des capacités par des formations adressées à l'acquisition de compétences pour encourager l'usage et l'adaptation de moyens permettant aux citoyens de demander la responsabilisation sociale dans la gouvernance. ANSA, dans une base régionale et via ses partenaires, créera et mettra à disposition des paies, des programmes de formation en Afrique.
  • Entreprendre et faire de la diffusion des recherches qui permettra accéder, amélioré et développer des outilles adressés à la promotion de la responsabilisation sociale, bien comme des moyens électroniques innovatrices qui soutienne l´accès généralisé to la connaissance.

Le soutien technique fourni par le réseau se concentrera sur la conception et l'utilisation de techniques de responsabilisation sociale possédant le plus grand potentiel pour améliorer l'efficience, la transparence et la qualité des services publics. Ces techniques comprennent:
Cartes Consultatives De Rapport; Cartes De Points; Economiser Participative; Cheminement Participative de Dépense; Cheminement Latéral De Budget; Techniques de communication de Citoyen-Secteur Public; Analyse Indépendante De Budget; et Surveillance D'Exécution Participative. Les activités du réseau seront générées par une approche basée sur la demande, bien comme sur une approche plus proactive basée sur l'offre. Le Conseil de Recherche en Sciences Humaines (HSRC), dans son rôle d'organisation partenaire Africaine, assumera la gestion et la responsabilité fiduciaire pour la planification, la mise en œuvre et la supervision des activités du programme du réseau ainsi que pour les ressources financières externes mobilisées pour soutenir ces activités. Globalement, HSRC s'occupera de:

  • Superviser l'établissement et la gestion du Réseau;
  • Basé dans son réseau actuel, conduire les activités et objectives nucléaires du Réseau
  • Fournir, selon une approche basée sur l'offre et la demande, assistance technique aux pays dans le domaine des initiatives de responsabilisation sociale.
  • Coordonner et superviser les activités de recherche de donations.
  • Assurer la supervision et l'évaluation des activités financées et
  • Fournir de formation technique selon les besoins et favoriser des opportunités pour l'apprentissage et assistance technique entre les pays.


http://www.ansa-africa.net/index.php/french/

Par OBSERVATOIRE CITOYEN DE LA RDC
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Lundi 5 mai 2008 1 05 /05 /Mai /2008 12:22













Honorables Députés Provinciaux,

Excellences membres du Gouvernement provincial,

 

 

Permettez-moi en préambule de la présente lettre ouverte, de  relever que la Constitution de la République Démocratique du Congo (RDC) du 18 février 2006 reconnaît à tout citoyen congolais respectivement en ses articles 22, 23 et 27 : le  droit à la liberté de pensée ; le droit à la liberté d’expression impliquant la liberté d’exprimer ses opinions ou ses convictions, notamment par la parole, l’écrit et l’image ; et le droit d’adresser individuellement ou collectivement une pétition à l’autorité publique qui y répond dans les trois mois et nul ne peut faire l’objet d’incrimination, sous quelque forme que ce soit, pour avoir pris pareille initiative.  C’est donc fort de cela, que je vous adresse la présente lettre ouverte qui vaut pétition en rapport avec certaines  questions de l’heure dans la province du Katanga.  

En effet, Mesdames et Messieurs les tenants des deux institutions politiques provinciales, avec l'adoption de la Constitution de 2006, la RDC a pris un tournant décisif dans le mode de gouvernance de ses provinces puisque les principes de l'Etat central fortement décentralisé ont été précisés comme fil conducteur pour le fonctionnement des institutions. Les élections provinciales de 2007, suivies par l'élection des gouverneurs ont permis l'émergence des pouvoirs provinciaux issus du suffrage universel. Ces élections ont créé de nouvelles conditions d'exercice de la gouvernance locale et de gestion des économies régionales et locales. La RDC, notre pays, a donc entamée une nouvelle ère.

Ainsi, il serait inutile de vous rappeler ici combien est noble, importante et exigeante la mission que la population de la Province du Katanga vous a confié directement ou indirectement selon le mode de votre accession aux fonctions et postes. Mais, c’est avec étonnement et perplexité que la population et moi-même suivons vos propos, positions, déclarations et décisions en rapport avec certaines questions de l’heure dans notre province du Katanga et qui suscitent des interrogations concernant leur bien fondé face aux impératifs de la reconstruction de la province et par rapport à l’intérêt de la population. Ainsi, dans la présente lettre ouverte, nous épinglerons les problématiques suivantes  qui dérangent:

-          L’immixtion de l’Exécutif et du Législatif  provinciaux dans certains dossiers judiciaires ;

-          Le législatif provincial  aux allures de caisse de résonance de l’exécutif provincial sacrifiant ainsi, son pouvoir de contrôle et l’intérêt du peuple ;

-          Les questions sérieuses nécessitant une étude fouinée mais traitées avec passion et/ou éludées pour des raisons inavouées ;

-          L’application de la politique de deux poids deux mesures dans le règlement des différends autour des constructions et bâtisses érigées, soi-disant,  dans la servitude et autres ;

I. LA NECESSITE DE  L’APPRENTISSAGE DES REGLES DE LA SEPARATION DU POUVOIR  EN PROVINCE

1.1. L’ingérence du pouvoir législatif dans l’exécution des décisions judiciaires : Violation de l’article 151 de la Constitution

Rappelons d’entrée de jeu qu’une Assemblée provinciale, au-delà du fait qu’elle élit les sénateurs, le gouverneur et le vice gouverneur, a le pouvoir de légiférer dans les matières de ses compétences. Les «lois» qu’elle adopte sont appelées «édits provinciaux», que le gouvernement provincial a le devoir d’exécuter. L’assemblée provinciale exerce également le pouvoir de contrôle sur le gouvernement provincial, dont il peut sanctionner collectivement ou individuellement les membres par le vote d’une motion de censure ou de défiance (article 198 de la Constitution). Voilà la mission de l’Assemblée provinciale et par conséquent, celui des députés provinciaux.

La population de Lubumbashi, au Katanga, est entrain d’assister à un coup de théâtre en rapport avec ce qui peut être qualifié « d’ingérence du pouvoir législatif » dans l’exécution des décisions judiciaires. Le cas le plus patent est celui d’un conflit locatif -sur fond d’un conflit foncier – qui a récemment opposé une dame « présumée propriétaire d’un immeuble » à un député provincial indépendant et homme d’affaires connu pour ses positions qui dérangent certains.

Nous avons donc tous suivi, le mercredi 16 avril 2008, à ce que d’aucuns qualifient à tort ou à raison d’un « folklore parlementaire » au cours duquel on a vu une dame « saisir » (par toutes voies) l’assemblée provinciale du Katanga et prendre parole en plénière pour fustiger le comportement de son locataire en rapport avec le non-paiement des loyers échus. Ce dernier renseigna qu’il était dans l’embarras car ne savait pas à qui verser lesdits loyers du moment qu’un litige sur l’immeuble était pendant en justice et qu’en vertu du principe « qui paie mal paie deux fois », il estimait inopportun de verser les loyers à la dame jusqu'à l’issue complète de l’affaire en justice. Contre toute attente, l’assemblée provinciale « décidera » qu’il faille que le député –locataire- concerné verse les loyers entre les mains de cette dame, la plaignante. On se croirait en pleine chambre foraine !

Ce cas qui n’est peut-être pas isolé risque de faire tache d’huile. Il sied donc pour notre part, de rappeler aux honorables députés provinciaux et à nos concitoyens que le pouvoir législatif ne peut en aucun cas interférer dans l’action du pouvoir judiciaire. Le faire, comme c’est le cas actuellement, n’est qu’une violation de la Constitution qui dispose en son article 151 que : 

« Le pouvoir exécutif [gouvernement provincial dans ce cas] ne peut donner d’injonction au juge dans l’exercice de sa juridiction, ni statuer sur les différends, ni entraver le cours de la justice, ni s’opposer à l’exécution d’une décision de justice.

Le pouvoir législatif ne peut ni statuer sur des différends juridictionnels, ni modifier une décision de justice, ni s’opposer à son exécution.

Toute loi dont l’objectif est manifestement de fournir une solution à un procès en cours est nulle et de nul effet. »

Au cas où un particulier, le législatif provincial ou l’exécutif provincial ne serait  pas satisfait d’une décision rendue par les cours et tribunaux, il y a des voies de recours qui sont organisées en droit. Rendons donc à César, ce qui est à César !

1.2. Le principe de l’indépendance de la justice en souffrance au Katanga

Évoquons ici la sagesse de la pensée de D. SOULEZ-LARIVIERE qui nous enseigne  que « dans une démocratie saine, le juge [le juriste] doit avoir le pouvoir et la force de mordre la main qui l’a bénie ».

Cette pensée voudrait simplement réaffirmer que les garanties relatives à l’indépendance judiciaire revêtent une importance toute particulière puisqu’elles sont tributaires du respect des droits de tous et de chacun, en toute égalité devant la loi. La Constitution de la RDC ne renseigne-t-elle pas en ses articles 149 et 150 que le pouvoir judiciaire est indépendant du pouvoir législatif et du pouvoir exécutif ; et qu’il est le garant des libertés individuelles et des droits fondamentaux des citoyens ?

Cela est d’autant plus vrai pour notre province. En effet, après les élections et la quête de l’instauration d’un Etat de Droit, tout authentique démocrate ne peut que soutenir un renforcement de la séparation des pouvoirs et donc de l’indépendance de la Justice. Mais la réalité est toute autre et d’aucuns de s’interroger, dans ces conditions: jusque dans quelle limite l’indépendance de la justice est compatible avec les principes qui fondent la RDC ?

De fait, si l’indépendance de la magistrature est depuis plusieurs années un principe à valeur constitutionnelle: « il n’appartient ni au législateur ni au gouvernement de censurer les décisions des juridictions, d’adresser à celles-ci des injonctions ou de se substituer à elles dans le jugement des litiges relevant de leur compétence ». Il convient de souligner que ce principe a  encore du chemin  à faire pour marquer son évidence. L’idée d’indépendance implique en effet celle d’un « pouvoir ». Or, l’éventualité d’un « pouvoir judiciaire » a toujours suscité craintes et gêne en RDC, au point que nous assistons dans la province du Katanga aux « procès » qui se tiennent dans les lieux comme l’assemblée provinciale, le gouvernorat, la mairie, les bureaux communaux, les chaînes des radios et télévisions, la rue, etc ; et par des personnes n’ayant pas été investies de ce pouvoir.

 Ainsi, non seulement que l’indépendance de la justice en RDC n’est pas en soi une vertu, mais de surcroît, d’une part, l’intrusion du politique dans la sphère judiciaire est devenue monnaie courante. De plus en plus nous assistons dans cette ville, à la transportation des litiges entre parties dans des lieux et hémicycles non appropriés  et comme si cela ne suffisait pas, les « nouveaux » juges, les hommes et dames « forts et à tout faire » rendent « des décisions » au mépris des droits des parties, de la justice, et de leurs missions. Voilà le renforcement de l’insécurité socio-juridique !  

 Bien plus, il serait naïf - de l’autre coté - de croire en une indépendance complète des juges : ces derniers, même si dits indépendants, sont en effet toujours influencés de multiples façons, plus ou moins visibles, sans compter que l’indépendance même de la magistrature peut mener à sa politisation (cf. danger du corporatisme ou d’un regain d’emprise des syndicats). Ça c’est un autre débat.

II. DETERMINATION DES PRIORITES SUR FOND DES CALCULS POLITICIENS ET/OU INAVOUES : CELUI QUI N’EST PAS AVEC NOUS EST CONTRE NOUS !

Dans son programme inscrit dans le Plan Triennal de Développement du Katanga, « PTD » en sigle), le Gouvernement provincial du Katanga a visé très haut: Développer le Katanga profond sans discrimination. Mais pouvons-nous affirmer que la réalité sur terrain soit conforme aux souhaits et déclarations des politiques générales ? Les lignes qui suivent nous édifierons.

 2.1 Électrification de Pweto et les Constructions à Kashobwe/Kasenga, etc : Des priorités pour la province du Katanga.

Il faut saluer les efforts que déploient le Gouverneur de la Province et le Gouvernement provincial pour leurs innombrables visites dans certains territoires et villages du sud du Katanga à l’instar de Pweto, Kasenga (Kashobwe), etc. L’on y voit défiler tour à tour différentes notabilités et cela ne doit qu’encourager les populations de ces coins. On électrifie par-ci ; on construit et réhabilite des écoles, des hôpitaux, des routes, par là. Voilà les priorités diront certains !

Mais, l’homme avertit pourrait alors se demander pourquoi ce chantier ne concerne que quelques coins bien précis du Sud du Katanga ? Y a-t-il un critérium sur base duquel l’on peut objectivement juger que tel ou tel  travail de construction et/ou d’aménagement dans tel coin de la province est prioritaire ou non ?

C’est peut-être une question difficile, une question de préférence, une question de choix, une question tendancieuse. Mais pour notre part, loin de verser dans les supputations, reconnaissons que ces questions créent en définitive, un malaise voire des frustrations. Pourquoi ? N’est-ce pas que ces travaux de Pweto et de Kasenga « Kashobwe » - entre autres - ne sont financés qu’avec des fonds propres (privés) et n’émargent pas du budget provincial ? Alors, l’homme avertit rétorquerai : Quid alors du cas Kolwezi-Solwezi ? N’est-ce pas que là aussi le financement est privé et n’émarge pas au budget provincial ou national ? Une réflexion à froid  mérite bien d’être faite.

 2.2. La réhabilitation de la route KOLWEZI - SOLWEZI, pas une priorité ! Deux poids deux mesures ou réellement une question d’intérêt général ?

Avant de cogiter sur l’affaire Kolwezi-Solwezi, il est important d’épingler en quelques mots, l’attitude de la population du Katanga en rapport avec l’affaire de la plage artificielle que l’exécutif provincial était/est en train de faire aménager devant l’Hôtel Karavia à Lubumbashi. Il sied ici de relever combien cette population était touchée et choquée par l’information ou la rumeur  de l’interdiction de la poursuite desdits travaux par le Gouvernement central  au motif que cet ouvrage n’était pas prioritaire et qu’il entrait dans des dépenses de prestige. (Voir aussi le cas du projet Grand Luano).  Tout observateur éclairé, neutre soit-il, pouvait bien lire la solidarité des habitants du Katanga, toute tendance confondue, et particulièrement ceux de Lubumbashi vis-à-vis de son Gouvernement provincial. Mais pouvons-nous aujourd’hui affirmer que le Gouvernement provincial oublie-t-il de renvoyer l’ascenseur à cette population qui l’a pourtant soutenue ? D’aucuns répondront par l’affirmatif, car presque les mêmes arguments sont usités dans l’affaire de la Route Kolwezi-Solwezi. Mais cette fois, par le Gouvernement provincial. Quelle contradiction?

En effet, les travaux sur cette route menant vers la Zambie sont suspendus et/ou interdits. Les travaux de réhabilitation de cette route en terre battue longue de 180 kilomètres devraient être financés et exécutés par l'entreprise minière First Quantum pour un coût évalué à plus de 25 millions de dollars américains. Depuis cette suspension/interdiction des travaux, même un hypocrite ne peut s’empêcher d’apercevoir la fumée d’un malaise social dans la province. Il suffit pour s’en convaincre, de suivre toutes les déclarations et prises de position pour ou contre ce projet. Tous les coups sont permis, les arguments de toute nature sont avancés et fusent de partout, les sapeurs-pompiers voire les pyromanes défilent venant de Kinshasa, Lubumbashi, Likasi, Kolwezi, etc.

La réalité elle, demeure têtue. Les violons ne s’accordent pas entre une grande partie de la population du Katanga directement concernée par cette affaire et les autorités de la Province du Katanga sur la réhabilitation de ladite route.  En effet, nous avons tous suivis sur les chaînes des radios et télévisions du Katanga les déclarations du Maire ad interim de la Ville de Kolwezi, Christian Bushindi, expliquant les motivations de la suspension des travaux en ces termes : « Le gouverneur m’a instruit qu’il n’est pas d’accord pour que cette route se fasse pour le moment, étant donné que sa philosophie est celle de favoriser la population dans toutes ses démarches. Vous savez bien que la route Kolwezi-Likasi est en mauvais état, en dégradation, si bien que les gens ont des difficultés de part et d’autre d’atteindre soit Kolwezi, soit Likasi. Il m’a instruit que ce travail de réhabilitation de la route Kolwezi-Solwezi ne se fasse pas. Pour lui, ce n’est pas une priorité. D’abord, c’est une route qui va déboucher dans un pays étranger. Ce qui importe pour le moment, c’est de construire, ou de réhabiliter, la route qui est utilisée par la majorité de la population, celle de Likasi-Kolwezi.» (sic).

Ainsi, comme l’on peut bien s’en rendre compte, si pour la population directement concernée, cette route a le mérite de désenclaver Kolwezi- une ville qui a nourri et continue de nourrir la Province et le pays tout entier, pour le Gouvernement provincial, la priorité c’est plutôt la route Kolwezi-Likasi à l’intérieur du pays. Il est certes vrai qu’il y a plusieurs priorités et qu’il faille les hiérarchiser. Mais là ou le bât blesse, c’est le fait de la détermination des priorités avec un financement qui ne perturbera en rien (mieux, qui n’empêchera aucunement) la réalisation de la priorité de réhabiliter  l‘axe Likasi-Kolwezi. Nous savons tous pertinemment  bien que la réhabilitation de la  route Likasi-Kolwezi  est inscrite dans le programme du gouvernement central et sera effectuée avec les fonds chinois. Évoquer encore cet axe comme prioritaire, alors que le gouvernement ne déboursera rien pour l’axe Kolwezi-Solwezi, ne peut que s’apparenter à une mauvaise foi. Est-ce cela « favoriser la population dans toutes ses démarches ?»

En somme, le Katanga dans sa forme actuelle, a tout à gagner  car elle aura les voies provinciales, nationales et internationales en son sein : Kasumbalesa – Lubumbashi ; Lubumbashi – Likasai ; Likasi - Kolwezi ; Kolwezi – (frontières Zambie) et Solwezi ; etc.  Dans cette lignée, que perdra le Katanga en créant une autre voie d’accès sans coût  et sans entraver ses autres priorités et projets ? Il appartiendra donc au Gouvernement provincial d’organiser et  mettre en place les services compétents pour parer aux éventuelles craintes de fraude et d’insécurité.  

Relevons que malgré le courage et la bravoure d’une frange – elle est vraiment minime- des députés provinciaux du Lualaba, la position de l’exécutif provincial a été soutenue pourtant par l’Assemblée provinciale à la plénière de la semaine du 21 au 26 avril 2008. À ce sujet, notons que le législatif provincial s’est prononcé sur la question sans en être invité ou saisi. Ce qui n’étonne personne et depuis, d’aucuns ne se lassent de dire qu’il est juste une caisse de résonance de l’exécutif provincial. Il appartient donc à l’Assemblée Provinciale d’affirmer ou d’infirmer cela par l’exercice cohérent et respectueux de sa triple mission qui consiste à :

-          Délibérer dans le domaine des  compétences réservées à la province ;

-          Contrôler le Gouvernement provincial ainsi que les services publics provinciaux et locaux ;

-          Légiférer par voie d’édit.

Il sied donc pour l’intérêt de la population, laquelle population qui demandera les comptes le moment venu à ses mandataires, que les travaux de réhabilitation de cette route qui a  l’avantage de désenclaver Kolwezi grâce à un accès direct à la Zambie, se poursuivent et ce d’autant plus que le financement de ces travaux n’influe pas sur le budget de la province. En outre, les bénéfices à tirer d’un tel projet est certain : création d’emplois, circulation des personnes et des biens, importation et exportation rapides et des produits de première nécessité, renflouements de la caisse de l’Etat dû aux taxes résultant  des transactions au poste frontalier, etc.

Ce qui concorde sans aucun doute avec la philosophie du Gouvernement provincial, celle de favoriser la population du Katanga.

Bien plus, qui peut bien déterminer l’intérêt et les priorités du peuple,  si ce n’est le peuple lui-même. La solution pour sortir de cette crise serait peut-être celle de se référer à la population concernée afin qu’elle détermine sa priorité. Sans préjuger sur le fond, la réponse serait déjà connue et c‘est cela qui fait peur et justifierait toute cette agitation.

Honorables Députés Provinciaux,

Excellences membres du Gouvernement provincial,

Au demeurant, il sied donc que le peuple souverain  pour qui vous travaillez, nous l’espérons,  trouve sa place et son compte dans toutes les politiques provinciales. C’est dans l’espoir de voir les affaires de la res publica et de la province profiter à son peuple sans discrimination, sans clientélisme, sans calculs inavoués que nous avons tenu à faire cette lettre ouverte qui vaut pétition et vous en souhaitons une bonne réception.

Veuillez agréer, Honorables Députés Provinciaux et Excellences Membres du Gouvernement Provincial, nos salutations les plus patriotiques.

Fait à Lubumbashi, ce 2 mai 2008

 

Dr Maître YAV KATSHUNG JOSEPH

Docteur en Droit

Citoyen du Katanga

 

Par OBSERVATOIRE CITOYEN DE LA RDC
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Lundi 5 mai 2008 1 05 /05 /Mai /2008 11:15

« Le Contrôle Citoyen est défini comme un moyen pour les citoyens, à travers l’engagement civique, d’exiger du gouvernement, des entreprises ou des  bailleurs de rendre compte. A travers la participation directe ou indirecte des citoyens et de la société civile, les approches du contrôle citoyen tels que la budgétisation participative,  le suivi des dépenses ou le contrôle du service public par les citoyens, peuvent donner la voix aux citoyens d’exiger des institutions plus attentives à leurs besoins et des services plus appropriés. »

Par OBSERVATOIRE CITOYEN DE LA RDC
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